Une autre conférence sur les changements climatiques COP15

Une autre conférence sur les changements climatiques Copenhague 15

Voilà! Une autre conférence sur les changements climatiques. Ils nous ressortent la même musique à chaque fois et à comme toujours nous finissons dans le même lit avec les mêmes conditions.

Alors à quelle sauce ont-ils décidé de nous manger cette fois ci. Il y a un fond pour le climat qui a été créé et qui sera mis à disposition pour les pays les plus pauvres sous forme de prêts. Il leur sera octroyé aux conditions préétablies par les prêteurs. Ceci peut paraître anodin sauf que l’histoire nous enseigne que lorsque la Banque Mondiale et le FMI accordaient des prêts aux pays en voie de développement, ils le faisaient aussi sous conditions. Celles-ci étaient appelées à l’époque les changements de structures. Elles consistaient à demander aux pays qui demandaient de l’argent de mettre sous le control des compagnies occidentales, leurs compagnies d’électricité, de chauffage, d’eau, de production de minerais etc.

Ces prêts ont eu une si mauvaise réputation que les agents du FMI et de la Banque Mondiale ont décidé de prendre des mesures drastiques pour changer la façon dont ils donnaient les prêts. Ils ont pris une mesure et une seule mesure et je vous la donne en mille: ils ont décidé de changer le nom du processus d’obtention des prêts. Ce qui fait qu’aujourd’hui au-lieu d’avoir des prêts accordés selon les changements de structures, nous avons les prêts accordés selon les privatisations et la transparence qu’ils vont montrées. Les changements de structures restent mais le nom a changé. Ce qu’il y a de bien dans tout cela aujourd’hui, c’est que le monde va beaucoup mieux qu’avant et tout cela grâce au seul changement de nom.

Donc quand on voit un nouveau fond pour le climat qui sera “donné” sous forme de nouveaux prêts selon les conditions préétablies, nous sommes en droit de nous interroger. Alors vous me direz: “mais il s’agit d’Hilary Clinton, d’Obama, c’est pour le climat, personne n’oserait faire cela et puis les conditions qu’elle a donné ou qui seront données n’incluront rien de ce que j’ai raconté plus haut”.

A cela, je dirais simplement que lorsque le FMI et la Banque Mondiale ont listé les conditions qu’ils demandaient aux pays désireux d’obtenir les prêts, ont-ils fait mention qu’ils voulaient prendre le control de toute l’industrie de ces pays? Je ne pense pas. Le résultat n’en fut pas moins différent.

Une autre question me vient en tête: pourquoi cette somme devrait leur être accordée sous forme de prêts? Sont-ils déjà en mesure de rembourser les sommes qu’ils ont du emprunter précédemment? D’ailleurs il est dit que ces sommes leurs seront “accordés” (je suis désolé car le terme est prêté) lorsque des catastrophes surviendront dans leurs pays.

Pour résumer, nous avons des pays pauvres qui n’ont pas beaucoup d’argent, qui croulent sous le poids des dettes qu’ils ont contractés aux conditions citées ci-dessus et lorsqu’ils auront des catastrophes naturelles dues aux changements climatiques dont ils ne sont absolument pas responsables, la seule façon que nous aurons de les aider sera de les faire s’endetter encore plus aux conditions que nous savons? Bravo le progrès, tout va de mieux en mieux et pour le meilleur des mondes. J’ai hâte d’être dans ce monde d’Alice aux pays des merveilles. C’est génial. Continuons sur cette voie. Pour moi, tout ceci est normal.

En parlant de responsabilité. Nous devons admirer le travail qu’effectuent les lobbyistes qui font campagnes en faveur des compagnies. Aujourd’hui les banques, les associations internationales de commerces, les compagnies de pétrole et de gaz, les compagnies chimiques et biofuel, les compagnies de l’alimentation sont toutes entrées dans la dance et font pression sur toutes les instances européennes et américaines et ainsi que celles du sud pour qu’elles modifient les lois qui les contraignent.

Elles ont réussi à changer la discussion au sujet des solutions proposées pour résoudre le problème d’émission de gaz à effets de serres. Il ne s’agit plus de réduction de gaz émis dans l’atmosphère mais au mieux de solutions qui ne changent rien au problème et au pire de solutions qui aggravent le changement climatique.

Je prendrais deux exemples pour l’illustrer. Le premier est celui qui concerne l’Union Européenne. Il y avait une responsabilité qui avait été énoncée auparavant de pollueurs-payeurs. Autrement dit les compagnies qui polluaient, devaient payer pour avoir le droit d’émettre des gaz à effet de serres. Toutes les compagnies de pétroles et gaz, de ciments, de sidérurgie, de chimie se devaient de passer par cette loi. Malheureusement cette année, lorsqu’il a fallu reconduire cette loi, les lobbyistes ont réussi à faire suffisamment pression sur les institutions européennes pour qu’elles passent les mêmes mesures sans faire payer les pollueurs. Tout est donc fait pour que les principaux responsables du changement du climat s’en sorte sans difficultés. Tout est fait pour leur facilité la tâche dans leur besogne de pollution. C’est extraordinaire. Continuons sur cette voie.

Un autre exemple est celui du biofuel. Il est proposé comme solution pour empêcher les émissions de gaz à effet de serres. Or nous savons que sa production engendre des conséquences négatives sur l’environnement. Elles se font sentir notamment dans la désertification qu’elle provoque lorsqu’il faut défricher les terres pour cultiver les aliments qui vont créer ce fuel.  La création de biofuel créé un déplacement de population des zones où elles vivaient dans les conditions qui leurs permettaient de manger, boire, et vivre convenablement vers des zones où elles ne sont plus en mesure de cultiver ce dont elles ont besoin pour vivre. Elles deviennent victimes de l’expansion du biofuel. L’utilisation de ce biofuel fait que de ces gens, des populations dépendantes alors qu’avant elles vivaient presqu’en autarcie sur leurs terres et elles n’avaient besoin de personne afin de vivre très convenablement.

Même au niveau des Nations-Unis, la commission sur l’environnement et les changements climatiques s’éloignent de toutes les mesures qui obligent les pays à réduire leurs émissions de gaz à effet de serres. Les solutions vers lesquelles les nations-unis se dirigent sont celles qui permettent la promotion des compagnies qui polluent. Dans certains cas comme je l’ai signalé pour le biofuel, elles aggravent même les dommages causés à l’environnement.

Ainsi tout se passe comme si ces compagnies et les gouvernements ont décidé d’utiliser les changements climatiques afin de promouvoir les objectifs des pollueurs. Ils peuvent faire ce qu’ils ont toujours fait mais avec un nouveau visage. Celui de l’environnement. Ils se servent de l’environnement pour donner une face lifting à leurs anciens projets. C’est devenu le nouveau leitmotiv. Les changements climatiques sont devenus le nouveau moyen de vendre leurs produits et pour y parvenir, ils influent sur tout ce qui fait les lois. L’environnement est devenu un instrument de marketing pour eux. Ils peuvent se repositionner et faire la même chose qu’avant en invoquant la sauvegarde l’environnement. Les changements climatiques sont devenus un autre moyen de faire pression sur les pays en voie de développements.

Quant aux populations directement concernées dans les pays en voie de développement, elles n’ont pas de moyens de questionner ces compagnies une fois que les accords ont été signés avec leurs gouvernements. Parfois, elles ne sont même pas impliquées dans le processus de qui mène aux accords. Tant bien même elles le sont, elles n’ont pas tous les faits en main ou toutes les données afin de déterminer convenablement ce qui sera bon pour elles ou pas.

Donc lorsqu’elles sont confrontées aux conséquences sur leur environnement des projets que ces compagnies ont faits sur leur territoire, elles ne peuvent ni questionner ces compagnies, ni changer la façon dont ces compagnies font les affaires, ni exiger qu’elles réparent l’environnement dans lequel elles vivent où les rivières que ces corporations ont été pollués. Parfois elles n’ont pas les moyens de faire les enquêtes qui permettent d’établir la culpabilité de ces compagnies. Lorsqu’elles se révoltent, leurs gouvernements utilisent la police ou l’armée pour les réduire au silence.

Quand elles peuvent faire les investigations et trouvent les preuves que les compagnies ont effectivement détruits leurs rivières ou leurs forêts ou que celles-ci sont responsables de maladies que les enfants ont, il leur est très difficile de faire face au rouleau compresseur de scientifiques qui viennent pour démonter leurs arguments ou qui viennent les attaquer en justice. Tant bien même ils réussissent à aller en justice, c’est encore très difficile de gagner.

Imaginer seulement ce par quoi les occidentaux eux-mêmes doivent passer lorsqu’ils sont confrontés à ce genre de problèmes. Maintenant essayer de voir des personnes dans ces pays en voie de développement qui vivent le même problème et qui essaye de se battre. Quel peut être leur impact sur ces compagnies? Malgré tous ces obstacles, elles continuent de se battre. Où trouvent-elles l’espoir?

Les populations de ces pays finissent par voir les corporations et leurs gouvernements comme les deux faces d’une même médaille. Ils jouent ensemble contre leur population. Cela est vrai dans les pays du Sud comme cela est vrai dans les pays du Nord. Certains en sont conscients et d’autres ne le sont pas du tout.

Au cours de ces négociations, les voix des lobbyistes sont en plus grand nombre par rapport aux voix des mouvements sociaux qui essayent dans tous les pays de sensibiliser les gens face aux problèmes de l’environnement. Les mouvements sociaux du sud n’ont pas assez d’espace pour exprimer leurs besoins ni leurs inquiétudes ni tant de possibilités de montrer l’ampleur des problèmes que ces corporations posent à l’environnement.

Le nombre d’accréditations disponibles pour COP15 pour ces organisations étaient limitées. Même lorsqu’elles furent disponibles, les conditions pour les obtenir furent telles que cela fut difficile de se les procurer. Ils se pourraient donc que beaucoup de personnes qui aient voulus se rendre à COP 15 n’aient pas pu le faire. Ces mouvements sociaux qui se battent pour cette cause ne peuvent donc exposer comment la déforestation, la pollution des eaux, la diffusion des gaz néfastes pour les poumons de leurs enfants, parfois même pour leurs yeux affectent leurs populations. Ils ne peuvent dire que cela est le résultat de l’action de ces compagnies. Lorsqu’elles sont autorisées à le faire, c’est dans un temps extrêmement limité.

Tout ces éléments font que ces négociations ont lieu sans les populations de ces pays voir même sans les populations des pays du nord. Leurs voix ne sont pas suffisamment entendues et je dirais même envie de dire suffisamment importantes.

Le problème est d’autant plus grave qu’aujourd’hui les corporations sont également reconnues comme des organisations non-gouvernementales. Donc même lorsque les discutions se déroulent entre les organisations non-gouvernementales, les compagnies ont toujours un avantage car elles ont les moyens d’être présente même à ce niveau. Leurs messages sont entendus lors des négociations lorsqu’il faut faire les lois et elles sont très efficaces à les faire changer quand elles les contraignent et elles sont en mesure d’influencer aussi ce que les organisations non-gouvernementales ont à dire. C’est cela la différence de poids qu’il y a entre les deux.

Personne ne dit que ces corporations ne doivent point être écoutées mais quand la grande part des négociations à lieu sans la présence des mouvements sociaux, il ne faut pas être surpris que le résultat soit si peu en faveur des populations. Nous arrivons à un niveau où les populations ne sont ni soutenues par les gouvernements, ni soutenues par les états, ni soutenues par les commissions et encore moins soutenues par les compagnies.

La question qui vient à l’esprit est donc celle-ci: Si personne ne soutient les êtres humains qui sont ceux qui souffrent des conséquences du réchauffement de la terre qui va le faire? Si les compagnies ont le droit de parler en tant qu’être humain puisqu’elles ont le droit de s’exprimer en tant qu’organisation non-gouvernementale, quel type d’être humain vont-elles défendre? Sont-ce nous où elles? Si ce sont les anciens êtres humains de chair et de sang qui souffrent les conséquences de l’émission de gaz à effet de serres et non les nouveaux êtres humains, est-ce que ces compagnies seront en mesure de comprendre les besoins que nous les êtres humains de chair et de sang ont?

Les corporations ont non seulement plus de voix que les mouvements sociaux mais elles sont considérées comme des êtres humains à part entière vu qu’elles ont le droit d’être des organisations non-gouvernementales. Les droits qu’elles obtiennent sont plus élevés que les droits qu’ont les êtres humains. Voilà jusqu’où l’homme a chuté et cela n’a pas l’air de devoir s’arrêter.

Il y a pourtant un moyen de réduire les conséquences les plus graves de ce que les compagnies font. Pour cela, il faudrait que les mouvements sociaux soient inclus dans les négociations. Il ne faut pas qu’il y est un de leurs représentants sur 20 représentants des corporations mais un nombre suffisamment important avec leurs scientifiques qui pourront démontrer l’impact que les projets que ces compagnies ont mis sur pied a pu avoir sur les populations et amener les solutions afin d’y remédier. Ces mouvements sociaux doivent avoir accès à toutes instances auxquelles les entreprises ont accès avec la même durée. Ce qui n’est absolument pas le cas dans l’état actuel des choses.

Malheureusement, tout est fait pour satisfaire les corporations. Rien n’est fait pour prendre en considération les conséquences de leurs projets sur l’environnement. Je ne veux pas donner l’impression que je suis marxiste quoi qu’il n’y aurait rien de mal à cela, mais je n’ai pas le choix de dire que personne ne veut forcer ni même pousser les compagnies à réduire leurs émissions dans l’atmosphère car cela diminuerait leurs profits. Les compagnies se battent avec des moyens considérables afin de tout faire pour que les lois ne les contraignent point.

Même quand les mouvements sociaux se battent avec à tous les niveaux et que les gouvernements les suivent, les compagnies menacent de quitter le pays pour aller s’installer dans les zones qui sont moins regardantes au niveau des besoins de leurs populations.

Durant les négociations de COP 15, nous avons entendu beaucoup de discussions au sujet de l’adaptation que les pays en voie de développement doivent faire mais presque rien au sujet de la responsabilité des corporations. Personne ne mentionne le rôle des ces compagnies dans la situation où nous nous trouvons à l’heure actuelle.

En évitant de le faire, le débat n’est plus celui d’empêcher le déversement des gaz à effet de serres dans l’air mais de permettre que ces compagnies puissent continuer de polluer tout en prétendant qu’elles se battent pour l’environnement.

Les lobbyistes ont réussi à enlever de la table des négociations les solutions qui auraient pu commencer à régler le problème. Comme nous l’avons vu plus haut, les fausses solutions qu’elles ont amené sur la table servent au mieux (si nous pouvons dire cela) à ne rien changer et au pire à aggraver la situation. Voilà où l’être humain en est. Tout va de mieux en mieux.

3 Commentaires »

  1. jozzy-online a dit,

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    • crazyreal a dit,

      merci d’être passé par la

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