Quelle Etrangeté que d’être un être humain!
Quelle étrangeté que d’être un être humain !
Dans cette bataille d’énergie que nous livrons tous les jours sur cette terre sans nous en rendre compte, nous ne voyons pas que l’énergie la plus dangereuse est celle qui est en nous. Notre ignorance au sujet de ce que nous sommes réellement, notre éloignement de ce que nous sommes ne nous permet pas de mesurer ou d’avoir une idée juste de ce dont nous sommes capables. Ceci nous met dans une situation ou nous agissons sans apprécier la portée de nos actions.
Si nous savions la mesure de ce que chacun de nos actes aussi minimes soient ils peuvent engendrer, nous prendrions beaucoup plus de temps avant de faire quoi que ce soit. Sachant ce que nous sommes, nous saurions certainement ce pourquoi nous sommes ici bas et les choses seraient plus faciles et nous n’aurions plus qu’à nous aligner avec ce que nous sommes sensés faire et tout irait bien dans le meilleur des mondes. Mais malheureusement, les choses se passent autrement et c’est peut-être mieux ainsi. En effet, les choses qui doivent être faites parfois réclament que nous soyons le plus éloigné de ce que nous sommes pour pouvoir les exécuter. Peut-être qu’à un niveau plus élevé que le notre, ces choses ont un sens que nous ne sommes en mesure de saisir pour l’instant étant donné notre condition. Ou peut-être pas? Qui sait?
Quelle étrangeté que d’être un être humain! Avant que nous ne saisissions ce que nous sommes, nous avons déjà posé tellement d’actes que le lot d’erreurs accumulés est tel que nous demanderions un sursit afin de nous reprendre. L’erreur n’est pas tant à cause d’Adam qui aurait croqué dans la pomme mais dans le règne de l’ignorance au sujet de ce que nous sommes. Donc peut-être que grâce au serpent et à Êve, Adam a pu croquer dans la pomme et nous pouvons enfin savoir comment nous fonctionnons. En effet n’oublions jamais qu’il faudra bien que nous répondions à un moment ou à un autre de toutes les fautes commises lorsque nous étions sous le coup de l’ignorance.
Nous recevons plusieurs enseignements tous plus intéressants les uns que les autres mais si éloignés de ce que nous sommes vraiment. Comment peuvent-ils nous enseigner si eux-mêmes n’ont aucune connaissance de ce qu’ils sont? Comment peuvent-ils nous guidés quand eux-mêmes n’ont eu droit qu’à une infime partie de la réalité, quand eux-mêmes n’ont pas eu le droit d’être ce qu’ils étaient? Comment pouvaient-ils faire? Nos enseignants ont fait ce qu’ils ont pu avec les moyens du bord.
L’enseignement, la connaissance de soi, la découverte de notre être est un travail que l’on effectue seul sans partenaires ou amis ou copines ou femmes, ou applaudissements pour nous encourager et nous sentir accompagnés ou en progrès. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de Grand-frère ou Grande-Sœur ou Mère ou Père qui nous guide sur cette voie, ce serait un mensonge que de dire cela. Il faut qu’il y ait un des personnages que j’ai cité sinon nous courrons le risque de nous tromper grandement et manquer notre voie. Mais si nous comptons sur le soutien de notre entourage, c’est perdu d’avance. Le chemin vers soi est une lutte que l’on livre seule. Plus nous avançons, moins nous sommes susceptible d’être acclamés, entourés, compris, aimés par le monde. Nous serons tantôt face à l’indifférence des gens, tantôt face à leurs mépris, souvent face à leurs moqueries quand ce ne sera pas face à leurs désirs de vouloir nous sauver de la secte dans laquelle nous nous sommes engouffrés ou encore leur incompréhension et très souvent nous serons traités d’égoïstes et que sais-je encore?
Nous serons amenés à voir le désir des gens de vouloir faire comme nous pendant un certain temps en raison de notre enthousiasme mais ils se rendront bien vite compte que cela est bien au-delà de ce qu’ils veulent ou peuvent faire. Ils finiront souvent par abandonner car cela n’était pas ce qu’ils voulaient. Cela pourra provoquer une déception chez nous car nous nous retrouverons seuls et cela accroîtra notre peur de cette voie. Plus nous comprenons la voie et avançons sur notre chemin, plus nous en recevons les bénéfices, plus notre désir de partager est grand.
Malheureusement à ce que l’on dit à ce stade n’a de sens pour le profane. Ceci entraîne de nombreuses frustrations qui peuvent venir soit de la part du profane qui ne comprend pas et s’offusque de cela, ou de celui qui est sur la voie et qui tente de l’expliquer et s’irrite de l’incompréhension du profane alors que c’est lui qui ne sait pas expliquer ce qu’est la voie.
Je dirais même que plus nous sommes engagés sur la voie, plus nous voulons nous exprimer et moins il faut le faire car ce que nous pensons aujourd’hui risque d’être complètement remis en cause le lendemain et nous finirons par revenir au point de départ et voir que finalement nous n’avons une fois de plus rien compris à tout ce qui se jouait autour de nous.
Cette bataille d’énergie a laquelle nous nous livrons sans le savoir laisse des séquelles sur nous que nous subissons tous les jours mais ne voulons absolument pas prendre le temps de maîtriser car nous avons peur de tout ce que nous sommes et pouvons être. La peur d’être a remplacé l’être. La peur de notre pouvoir a remplacé l’acquisition et l’établissement de notre être dans notre pouvoir. Cette peur qui depuis des millénaires jalonnent nos côtes s’est enfin établie en nous et y trouve un refuge sécuritaire tant que nous ne déciderons pas de la faire sortir. Nous dévaluons tout ce que nous faisons car nous n’avons pas la moindre idée de la façon dont nous fonctionnons. Nos actions n’utilisent qu’une partie infime de ce que nous sommes et le résultat de ce que nous faisons est souvent bien en deçà de ce qu’ils pourraient être si nous utilisions tout ce que nous sommes. Les batailles ont lieu en nous, au travers de nous et avec nous sans que nous n’ayons conscience de ce qui se joue.
Oui! L’être humain est la chose la plus étrange qui soit. Nous pouvons passés toute notre vie à jouir de toutes les choses que notre vision limité des choses permet de savourer sans avoir eu vent de la partie d’échecs ainsi que la lutte d’énergie que nous avons jouées dans l’invisible. Tous nos efforts peuvent nous sembler vains car dans l’invisible ils se passent des choses que nous ignorons non pas parce que nous ne pouvons pas les connaître mais parce que nous n’affrontons pas nos peurs. Nous préférons les laisser nous dominer. Nous sommes donc coupés de la seule partie qui parfois pourrait donner de la signification à ce que nous faisons. Il ne dépend pourtant que de nous pour que nous soyons en pleine possession de tout notre être. C’est à dire de la partie invisible pour le profane comme de la partie visible. D’autres diront même que le visible n’est jamais vu tant que l’on n’a pas saisi l’invisible. Il faut d’abord comprendre l’invisible pour agir correctement dans le visible. Tant que l’invisible n’est pas connu, le visible que nous voyons tous les jours bien que nous y attachions tant d’importance n’est jamais approché. Nous sommes donc en conséquence très éloignés de celui-ci.
Ainsi donc, l’être humain n’est pas soumis aux règles de l’invisible, il n’est pas non plus soumis aux règles de la nature et il se dit être soumis à la réalité qu’il voit tous les jours mais qui malheureusement pour lui n’est qu’une partie si infime de ce qu’est le véritable réel. Il a donc en tout point faux sur sa vision des choses et de la vie en général et de sa vie en particulier.
Lorsque l’enfant naît, il est profondément ancré dans l’invisible. Malheureusement pour lui, ces parents ne le sont pas. Au lieu que ceux-ci le laissent intégrer et comprendre l’invisible voir même le guident pour sa maîtrise du monde de l’invisible, ils vont tout faire pour le couper de celui-là et pour le ramener dans leur réalité qui est réduite à la plus petite peau de chagrin qu’est la réalité dans laquelle ils ont choisi de s’enfermer en raison des circonstances de leur parcours. De notre compréhension de l’invisible, vient une meilleure vision du réel, une compréhension et un respect accru de notre réalité et je devrais dire de la grande réalité.
Or notre fonctionnement est complètement différent. Notre invisible est brisé dès l’enfance et son importance sera niée tout le temps par notre entourage. Tout cela est fait pour nous maintenir dans une réalité amoindrie qui n’est qu’une chimère. Les efforts afin d’appréhender l’invisible sont découragés par toutes les structures car aussitôt que nous avons une meilleure compréhension de l’invisible, nous tombons immédiatement dans la vraie réalité et dès que nous l’avons vu, il est impossible pour nous de nous soumettre aux petitesses auxquelles les structures voudraient que nous nous soumettions. Nous sommes libres des règles que veulent nous imposer les structures de la réalité étriquée.