Osons être les serviteurs de l’amour
Osons être les serviteurs de l’amour
Nous vivons donc une époque formidable. Beaucoup de gens se lèvent et vont au travail sans trop savoir s’ils aiment leur travail ou s’ils ne l’aiment pas. Ils se sont habitués et font de leur mieux pour passer au travers et rentrer chez eux. Une grosse partie de leur temps est happée par des choses qu’ils préfèreraient ne pas avoir à faire mais ils le font néanmoins. Où trouvent-ils le courage et la volonté de le faire? Ils s’agrippent à la société pour donner un sens à leur vie et pour l’estime de soi.
Le mécanisme est si bien rodé qu’ils le font aujourd’hui sans s’en rendre compte. Si quelqu’un regardait ce qui se faisait à l’heure actuelle sur terre, il verrait que tout le temps est réglé et les activités des êtres humains le sont également. Je ne voudrais pas généraliser mais nous sommes soumis à un rythme de vie qui finit par nous emprisonner. Notre manque d’attention finit par nous confiner entre soit le métier que nous aimons, les activités que nous aimons faire et notre famille ou le métier que nous n’aimons pas et les activités que nous aimons faire et notre famille. Parfois la pire des situations nous trouve et nous faisons un métier que nous n’aimons pas en plus de cela les activités que nous effectuons ne nous plaisent guère et nous ne le savons pas (car nous les faisons parce que notre entourage professionnelle le fait et pour ne pas être mis à l’écart, nous avons fait semblant d’aimer ces activités). Notre vie tourne autour de ces choses.
Si nous sommes chanceux de faire ce que nous aimons, les choses seront plus légères bien que cela peut être un piège. En effet l’amour pour notre métier, la reconnaissance de nos collègues et de la société peuvent donner l’impression que tout est parfaitement ok dans notre vie. La réussite nous entourant peut nous faire sentir que tout est parfait et que rien ne manque à notre vie. Mais est-ce vraiment le cas?
Même si tous les feux de succès sont allumés dans notre vie, sommes nous sûrs que tout va bien? Vous me direz, il faut vraiment être un malade pour se poser des questions de ce genre lorsque tout va bien dans notre vie. Bien que je vous l’accorde, la question reste quand même légitime.
En effet lorsque nous regarderons notre vie à la veille de notre mort et que l’heure du bilan sera venue, voulons-nous nous rendre compte que le plaisir du métier que nous avons fait et la superbe famille que nous avons eu nous ont peut-être empêchés de nous questionner sur ce que nous aurions pu faire d’autre? Voulons-nous être de ceux pour qui le succès fut un frein à leur accomplissement? Ferions-nous partis de ce pour qui la réussite fut un blocage à leur remise en cause? Nous serions nous englués dans notre vie pleine de reconnaissance de la part de notre entourage et aurions-nous oubliés de revoir à la loupe ce que nous faisions? L’adulation que nous avons eue et parfois subie de la part de notre entourage nous a-t-il fait être des esclaves des félicitations en tous genres et reconnaissances de toutes formes? Voulons-nous nous retrouver dans cette situation.
Le risque est grand de se perdre dans une très belle vie. Le piège n’épargne aucune vie qu’elle soit pleine de satisfaction ou qu’elle soit pleine de troubles. La remise en cause doit être permanente. Je dirais même qu’une vie parfaite est une vie de tous les dangers car l’effort doit être plus grand et la vigilance plus rigoureuse. C’est le plus beau défi qui se présente à l’être humain. S’il est facile de se remettre en cause lorsque ce que nous avons fait ou faisons n’est pas à notre convenance, il est par contre beaucoup plus ardu de prendre conscience de la nécessité de bouleverser le train-train quotidien lorsque tout semble rouler sur des roulettes et je devrais dire lorsque tout le monde nous fait croire que notre vie va très bien et nous envie.
Il faut une certaine audace et un profond recul par rapport à tout ce qui nous entoure pour décider d’aller dans le sens contraire du vent surtout si nous avons beaucoup de chose à perdre. Qui veut perdre ses acquis? Qui veut fuir la stabilité obtenue après moult efforts? Qui veut prendre le risque de se tromper et de devoir recommencer tout à zéro? Aucun d’entre nous n’a été encouragé à le faire et tant bien même ce fut le cas, nous sommes contraints très souvent par nos circonstances à courir après la stabilité. Il y a d’ailleurs un proverbe en “anglais-américain” qui dit : “if it ain’t broken, don’t fix it” (si ce n’est pas casser, ne le fixe pas).
Ceux qui décident de remuer leur vie de fond en comble, se mettent à dos toute la société, tous leurs amis, toute leur famille, toute la logique des êtres humains et il faut un panache à toutes épreuves et une solide volonté pour essayer de se connaître au delà des apparences que la société nous offre. Ils doivent déjà avoir un amour très élevé pour ce qu’ils sont. Ils ne se contentent pas de la situation dans laquelle ils sont. Ils cherchent sans arrêt à savoir qui ils sont au milieu de tous les évènements qui les entourent, au milieu des paillettes, au milieu des célébrations que les êtres humains ont créés pour divertir tout le monde ou pour les acclamer.
Comment être dans l’’amour de ce que nous sommes et le confort de notre vie? Quel sage dosage sommes-nous prêts à effectuer? Quand faut-il choisir l’amour de nous et quand faut-il choisir le confort? Dans quelle réalité vivons-nous et comment la rendre compatible avec les exigences de l’organisation humaine? Comment allier les deux? Comment être ce que nous sommes sur terre au milieu de tout ce qui nous entoure et ne pas se laisser emporter?
Nous vivons une époque formidable où nous pouvons tenter le défi. Les changements sur terre nous autorisent à aller à l’aventure de notre découverte et à trouver qui se cache dans notre fort intérieur. Les repères qui nous ont longtemps enfermés volent en éclats aujourd’hui et nous pouvons enfin faire ce que nos parents n’ont pas été en mesure de faire en raison de l’emprisonnement qu’ils ont subis. Nous avons la chance que nos parents nous ont menés jusqu’où nous avons pris notre envol car de ce point, nous démarrons l’aventure personnelle qu’est la notre. Comment devenir ce que nous sommes déjà? Voilà le défi qui se présente à nous.
L’horizon est vaste, les possibilités plus grandes que jamais. Alors choisissons d’aller vers l’amour de soi. Réalisons-le pour nous même, pour ceux qui nous entourent et surtout pour Celui qui nous a envoyé sur cette terre tenter l’aventure de l’aimer peu importe les circonstances. Montrons lui que nous avons compris et soyons son serviteur à toutes épreuves. Sachons le laisser être en nous. Devenons les soumis pour sa gloire. Frayons-nous un chemin sur cette terre qui mène vers Lui-Elle et montrons à ceux qui nous regardent que c’est possible. Soyons dignes des changements qu’ils ont mis sur pied sur terre. Osons être les serviteurs de l’Amour qui passe inéluctablement par l’amour de soi. Une fois que nous y parviendrons, nous arrivons à l’Amour de Lui-Elle. Nous y sommes presque. Encore un petit bout de chemin et nous y arriverons.
