Nous connaître avant tout
Nous connaître avant tout
Alors ce corps que la vie nous a donné, nous l’utilisons à des fins intéressantes sans trop savoir quel est son utilité. Pourquoi nous a-t-il été donné? Pourquoi avons-nous voulu en avoir un? Aurait-on pu s’en passer? Pourquoi cette forme et pas une autre? Quelles sont les contraintes et avantages s’il y en a qui viennent avec le fait d’en avoir un? Pourquoi d’autres choisissent de ne pas en avoir? Qu’enveloppe-t-il vraiment à part nos organes biologiques? Y-a-t-il autre chose à part nos organes biologiques dans ce corps?
Tant de questions que nous pourrions nous poser mais au lieu de cela nous choisissons de nous maquiller, de réduire notre poids, de faire du sport, bref d’utiliser notre corps sans avoir au préalable lu le mode d’emploi.
Ce comportement peut convenir pour certains instruments mais pas pour notre corps. Je devrais même dire que les instruments même si nous ne lisons pas le mode d’emploi, il est toujours là au cas où il y aurait des choses que nous ne maîtrisons pas ou lorsque quelqu’un qui aura la patience de lire la notice viendra, en fera la lecture et nous indiquera là où nous faisons erreur. Dans le cas de notre corps, il n’y a aucune notice ou mis en garde ou enseignement à ce sujet. Nous sommes largués sur le sol et advienne que pourra. Je dis cela dans le sens où il n’y a pas d’enseignement facilement accessible à ce sujet même s’il est vrai que si nous voulons vraiment savoir, la vie se mettra en place pour nous guider vers les lieux ou les personnes qualifiées pourrons nous livrer ces connaissances.
Ceci étant dit, la très grande majorité d’entre nous, reste cependant dans l’ignorance du fonctionnement de notre corps. Cette ignorance est d’autant plus grande qu’elle accentue notre dépendance vis-à-vis de notre corps. Moins nous avons de connaissance à son sujet, plus c’est lui qui prend les décisions les plus importantes en ce qui nous concerne. Il décidera quand il est fatigué, quand il a envi de manger, quand il a envi de se reposer, quand il prendra du poids, quand il rejettera la nourriture que nous lui donnons, quand il aura sommeil et quand est-ce qu’il se réveillera etc. Toutes ces décisions, bien que nous ayons l’impression que nous les gérons entièrement, cela n’a rien avoir avec nous. Notre corps nous observe et voit nos habitudes et prend les décisions qui s’adaptent à notre choix de vie. Il nous gère mieux que nous ne nous gèrerons jamais. Il nous contrôle entièrement bien que nous n’en avons aucune preuve et aucune conscience.
Nous lui faisons prendre un certain nombre de décisions qui peuvent être catastrophiques pour lui, pour nous et pour notre vie sans que nous ne le sachions. Même si la décision que nous lui faisons prendre n’est point bonne pour lui, il la prendra néanmoins car c’est notre décision et c’est notre vie. Même s’il sait que cette décision est mauvaise pour nous, il la prendra quand même car nous avons le libre choix. Il est soumis à notre bon vouloir. Ce corps nous observe et va dans la direction où nous allons peut importe les conséquences pour lui. Il se plie constamment à notre bon vouloir et à notre vie.
Lorsqu’il prend les décisions à notre place, c’est par amour pour nous. Il se rend bien compte de notre incapacité à le faire car nous n’en savons rien de son utilité ni de son fonctionnement. Nous gisons dans ce corps et ne comprenons ni d’Adam, ni d’Ève comment celui-ci marche. C’est quand même malheureux que notre corps aura passé toute notre vie à nous protéger, à nous soutenir, à répondre à nos demandes, à diriger et mener la plus part de nos décisions à notre insu et cela parce que nous avions une incompréhension de son importance. Tout se travail est fait à notre insu malgré nous, au travers de nous et nous n’en aurons presque jamais aucune connaissance de ce qui s’est réellement passé de notre vivant. Quel incroyable manque de reconnaissance? De quel aveuglement souffrons-nous pour être ainsi tant éloigné de la réalité?
Ce corps silencieux, toujours obéissant, toujours soumis à nos demandes même si elles vont à son encontre, toujours humble, passe inaperçu bien que nous le mettons en avant dans toutes les circonstances. Cela peut sembler contradictoire mais en fait c’est tout à fait logique. La mise en avant de notre corps est toute artificielle et caricaturée. Rien n’est fait par reconnaissance pour notre corps mais tout est fait pour l’empêcher de fonctionner naturellement. Nous cherchons à freiner par des moyens externes son évolution. Je ne dis pas qu’il y a quelque chose de mauvais lorsqu’on agit ainsi mais force est de constater qu’agir ainsi sans avoir la moindre connaissance de l’utilité de notre corps et sa raison d’être est tout de même un peu prendre des risques dont nous ne connaissons l’importance.
Comment peut-on dévouer un culte si artificiel à quelque chose qui est si profond? Peut-être est-ce la preuve que nous n’avons pas encore atteint la maturité pour une utilisation intelligente de ce corps?
Derrière tous les jeux olympiques, tous les sports, tous les concours de beautés, tous les maquillages, toute la mode, se cachent quelque chose que nous n’avons pas encore réussi à toucher du doigt. Il s’agit de notre besoin de reconnaître notre corps. Même si nous n’en sommes pas conscients, nous sentons bien que sans ce corps, nous n’aurions certainement pas pu y arriver. Nous recherchons un contact avec notre corps. Nous voulons l’applaudir, le remercier pour tous ces bons et loyaux services mais nous ne savons pas comment.
Lorsque nous voyons un athlète réussir des performances extraordinaires, nous reconnaissant à travers lui le potentiel qui est en nous. Nous sommes agglutinés devant nos écrans de télévisions ou nos stades afin de célébrer ces corps que nous avons et avec lesquels nous n’avons que très peu de liens. Ils nous tiennent plus que nous ne les tenons. Ils nous mènent plus que nous ne le ferons jamais si nous continuons dans le sens où nous allons.
Nous sommes établis dans ce corps sans savoir que nous y sommes, sans savoir comment nous sommes liés à lui, sans savoir qui nous sommes et nous prétendons être en vie et que nous contrôlons quoi que ce soit. Quelle chimère et quel mensonge? Nous avons un manque de connaissance les plus basiques en ce qui nous concerne. Ce manque de connaissance de l’existence de cet apprentissage et je dirais même que le manque de compréhension de la nécessité de cet l’apprentissage nous fait mener une vie dont nous ne comprenons rien du début jusqu’à la fin.
Nous ne sommes pas venus ici sur terre pour faire semblant d’être des êtres humains. Nous sommes venus pour être entièrement des humains. C’est à dire avoir la pleine capacité d’utilisation des moyens qui sont mis à notre disposition. Avant de savoir utiliser les techniques et technologies qui ont été créés par les hommes, il nous faudrait apprendre ce que nous sommes. C’est un préalable absolu car plus nous créons des instruments technologiques, plus nous passons de temps à connaître ces choses et moins nous avons de temps à consacrer à notre corps et notre être.
Plus nous donnerons de l’importance à ces technologies, moins nous reconnaissons ce que nous sommes et plus nous sommes persuadés de la suprématie de ces technologies. Plus nous accordons de l’importance à ces choses sans nous connaître, plus nous nous négligerons et mettrons notre vie au service de ces choses or ce doit être le contraire. Le manque de connaissance de ce que nous sommes nous fait perdre l’importance de ce que nous sommes.
