Notre vie, découvrir notre humanité

Égypte 100

Notre vie. Que n’a t on pas déjà entendu à ce sujet? Nous entendons toute une série de phrases à ce propos et il n’est pas sur que nous les comprenons toutes où si elles sont vraies. En voici quelques unes: notre vie nous appartient. Elle ne dépend que de nous. Nous en sommes à la fois les détenteurs, les acteurs et ceux qui la subissons.

Je ne me situerais pas sur le plan économique qui même s’il est fort intéressant ne ferait qu’étendre le débat plus tôt que l’emmener vers ce qu’il a de plus invisible. En effet, les phrases telles que celles citées ci-dessus devraient nous ramener directement à nous même. Une phrase comme notre vie nous appartient est une phrase qui a de quoi nous questionner. Beaucoup seraient en droit de se demander en quoi cette notion d’appartenance est exacte? En effet nous appartenons d’abord à nos parents, puis à nos amis, ensuite à la famille que nous créons, puis à l’état, puis l’entreprise dans laquelle on travaille, puis à notre planète et la liste est longue.

D’autres diront que ce qui a été dit plus haut est faux car rien de tout cela n’est obligatoire car nous pouvons changer tous ces dispositions à chaque instant si nous le désirons. Les exemples sont nombreux de personnes ayant changé soit d’entreprise, soit de famille, soit d’ami, soit de travail, soit d’état et rien que cela justifierait à dire avec raison que notre vie nous appartient totalement.

Le débat pourrait s’arrêter à ce niveau et nous serions convaincus que nous avons faits le tour de la question. Certains diraient que cela est faux car nous sommes bloqués par les névroses et les différents complexes œdipiens qui nous animent et que ces mécanismes nous contrôlent beaucoup plus que nous en ayons conscience. Immédiatement après d’autres rentreraient dans le débat et diraient qu’évidement si les gens qui sont contrôlés par le fameux complexe d’œdipe prenaient le temps de se comprendre ou de se faire analyser, ils auraient les moyens de reprendre les reines de leur vie. Ils ne doivent donc pas dire que la phrase “notre vie nous appartient” est fausse lorsqu’ils n’ont pas fournis les efforts nécessaires à l’acquisition de celle-ci.

Je pourrais continuer encore pendant longtemps à faire ce ramassis de pour et contre d’idées qui n’auraient d’autres intérêts que le prolongement de cet article beaucoup plus qu’il n’en conviendrait. Je vais donc aller directement vers ce à quoi je veux en venir.

Étant donné que même les choses que nous avons acquises par nos efforts ou par l’argent finissent par nous échapper soit parce qu’elles vieillissent, soit parce qu’elles se perdent, soit parce qu’elles sont volées ou tout simplement parce que nous mourrons et ne sommes plus là pour en jouir, comment peut-on dire que la vie que nous avons reçue par un phénomène que nous ne comprenons pas encore parfaitement bien nous appartienne. En dépit des évènements malheureux ou heureux qui nous arrivent souvent sans crier gardent malgré les efforts de planifications que nous faisons et les assurances que nous prenons pour nous prémunir contre ceux-ci, nous avons toujours le courage de dire que : “CETTE VIE NOUS APPARTIENT”.

Sommes nous donc à ce point aveugles? Nous venons à la vie sans que nous ne sachions véritablement comment. Nous partons de cette vie sur cette terre sans véritablement savoir ce qui se passe et malgré tout cela, nous entendons tous les jours que la vie nous appartient. Même si les leaders d’opinions ont de plus en plus les moyens de nous pousser vers les chemins qu’ils jugent bons pour nous, à notre place, cela ne nous empêche pas de croire que notre vie nous appartient. Cette phrase est devenue comme un leitmotiv que nous répétons à volonté sans trop en comprendre le sens.

Une fois que nous voyons sans l’ombre d’un voile les différents obstacles qui freinent notre compréhension de cette phrase et qui retardent sa mise en application, nous sommes bien obligés de prendre du recul afin d’éviter le découragement ou la dépression. Une fois que nous est révélé à quel point les barrières mises sur notre chemin de vies bloquent notre éclosion ainsi que notre épanouissement  peut faire l’effet d’un choc. Prendre conscience que la marge de manœuvre qui nous reste est à ce point limitée suffirait à nous envoyer dans un hôpital psychiatrique pendant une longue période.

Dès l’instant où nous ne sommes plus aveugles à ces réalités, plusieurs attitudes sont alors possibles. Nous pouvons soit devenir cyniques et être extrêmement vicieux vis à vis du système, soit faire la politique de l’autruche en se résignant, soit essayer d’aller vers ce qui nous aiderait à sortir de ces pièges que la société a mis en face de nous. Il y en a probablement quelques autres mais elles reviennent plus ou moins à ces trois choix.

Il y en a qu’un des trois qui soit porteur d’espoir en tant qu’être humain. Par être humain, je l’entends avec un grand E et un grand H. Il s’agit du choix qui permette d’aller vers ce qui nous aiderait à nous sortir de ces pièges. Les deux autres maintiennent et prolongent le cynisme dans lequel nous sommes déjà.

Même s’il est vrai que la lumière peut advenir de la noirceur tout d’un coup, force est de constater que si certains d’entre nous ne font pas le choix de ne pas tomber dans la cynisme, les chances que la lumière puisse jaillir sont minimes.

C’est pourquoi je pense que le troisième choix qui consiste à essayer de trouver de l’aide pour apprendre à naviguer sur cette terre dans les conditions qu’il faut bien admettre qu’elles sont au moins singulières si ce n’est très empreintes de double-jeux est la seule qui sauvegarde tout ce que nous sommes.

Sous quelle forme peut-elle se manifester? Cette aide est le résultat de la connaissance que nous avons de ce que nous sommes. Notre engagement dans ce qu’il convient d’appeler la compréhension et l’éducation de qui nous sommes, nous permet de savoir à quoi nous réagissons et ce qui nous influence.

L’apprentissage de qui nous sommes et la profonde connaissance de notre réalité nous permet d’être aligné à notre humanité en permanence. Nous ne verrons plus notre humanité comme un handicap pour être dans le monde mais plus tôt comme un appui pour nous guider lors des conflits qui peuvent survenir sur notre chemin. Ce sera la même humanité qui nous mènera que nous soyons au travail entouré de cyniques, à la maison entouré de notre famille, ou en vacances avec nos amis. Nous ne serons que cette humanité peu importe les circonstances.

Toute personne voulant y parvenir se doit de savoir que ce n’est pas une sinécure. C’est un travail permanent qui dure toute la vie.

La bonne nouvelle est que nous n’avons pas besoin d’atteindre le but ultime avant d’agir sur terre. Lorsqu’on est sur cette voie, chaque acte est l’occasion d’aller à la rencontre de notre vie. Notre humanité est la seule chose qui nous appartienne. Le combat sur terre n’est pas comme on le présume souvent entre deux camps adverses à l’extérieur de nous même si cela se traduit souvent ainsi mais il est surtout à l’intérieur de chacun de nous. C’est la lutte entre les tendances qui nous poussent à bafouer notre humanité et celles qui nous poussent à nous y arcbouter.

La véritable vie ne vient qu’après que nous soyons allés au delà de ces tendances. C’est là que la paix et l’amour résident. Voilà notre apprentissage. Aller au-delà de ces tendances.

 

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