Le pardon, geste d’amour

Le pardon est une notion que nous entendons de moins en moins de nos jours si ce n’est de façon stéréotypé. A savoir, il y a une guerre, les vaincus exigent qu’on leur demande le pardon, il y a un massacre, les victimes exigent qu’on leur demande pardon voir même des réparations, puis il y a le travail de mémoire qui est exigé etc. Bien que tout cela soit légitime et nécessaire, cela ne nous concerne que de loin. C’est pourquoi, j’aimerais évacuer immédiatement, cet aspect des choses et revenir à ce qui nous touche directement.
Dans notre vie de tous les jours, le pardon n’a plus la place qu’il occupait à l’époque. Il ne s’agit pas ici du pardon culpabilisant à cause de la faute originelle, mais d’être conscient que le pardon devrait nous animer non pas comme une sinécure ou une croix que nous porterions sur le dos en permanence mais comme une aventure glorieuse que nous avons à effectuer au cours de notre passage sur terre.
Ce pardon n’est pas forcément vis à vis des autres mais surtout vis à vis de nous. Même s’il est vrai qu’une grande composante de celui-ci devra se faire par rapport aux autres, je veux enlever dès à présent ce domaine là bien que j’en parlerais un petit peu. Je me concentrerais essentiellement sur le pardon interne que chacun de nous je pense devrait se faire. Je précise ici que je ne parle pas du pardon à la force céleste ou à Dieu ou au Grand Architecte etc.
Il va plus tôt s’agir de parler du pardon que l’on se doit à soi même. Avant d’arriver aux autres êtres humains, aux animaux, et à l’environnement que nous avons heurté consciemment ou pas, bien avant le pardon que l’on demande à Dieu, il y a le pardon que nous devons nous accorder à nous même. C’est un pardon qui va nous rapprocher de l’amour de nous. C’est un pardon pour nous.
Nous devons nous pardonner non seulement le mal que nous avons commis à l’encontre d’autrui mais surtout le mal que nous avons autorisé que l’on nous fasse. Nous sommes il faut bien le reconnaître un petit peu complice du malheur qui nous est arrivé. Cette douleur là est celle qui nous accable le plus. Cette souffrance que nous avons permis aux autres de nous faire est celle qui nous ronge le plus, qui nous démange sans fin, qui pèse de tout son poids et qui est celle parfois dont nous avons le plus de mal à nous libérer.
Cette douleur qui nous est arrivée car nous lui avons ouvert la porte en raison de notre naïveté (j’utilise le terme naïveté dans son sens le plus noble) nous a enfermée au lieu de nous ouvrir comme elle aurait pu le faire pour peu que nous ayons été entraînés à nous ouvrir lorsqu’un malheur survient.
Cette fermeture bloque notre libération de cette souffrance et elle le fait de la façon la plus pernicieuse qui soit. En effet lorsqu’on demande pardon à autrui, nous sommes regardés et il ya un certain plaisir et une grandeur à le faire. Nous serons appréciés pour ce geste. J’ajouterais même qu’il y a une certaine revanche à aller demander pardon à celui que nous avons fait souffrir. Il y a comme un je ne sais quoi de: “même si tu m’as brisé en dénonçant les crimes que je t’ai fait, je fais néanmoins œuvre de noblesse en venant te demander pardon”. Je ne dis pas cela pour diminuer l’importance du pardon fait à autrui mais je dis qu’il y a un petit peu de ce que j’ai cité ci-dessus. Donc il y a comme notre intérêt extérieur à se soumettre à ce geste. Nous en recevrons les récompenses de ceux qui nous regardent.
Le pardon que nous demandons à Dieu est lui aussi un pardon de l’extérieur bien qu’il devrait être complètement de l’intérieur. C’est un pardon dont nous tirons tous les bénéfices et les avantages en tout cas, nous l’espérons.
Par contre, le pardon interne que nous demandons à nous même et que nous devons nous accorder est celui qui se fait seul. Loin de tous. Loin de tous regards. Nous sommes seuls à nous regarder. Nous sommes face à nous même et nous nous regardons. Il n’y a personne pour nous applaudir où nous apprécier et nous féliciter pour ce que nous faisons. Le passage par ce processus se fait sans gloire. Si nous ne le faisons pas, nous ne saurons jamais ce que nous manquons et d’ailleurs la vie nous appris à vivre sans cela. En plus, certains de ceux qui sont passées au travers ce pardon sont moins nantis que ceux qui ne l’ont pas fait. Pour aggraver la situation de celui qui doit s’engager dans ce processus, le chemin qu’il prend lorsqu’il le démarre est tortueux, long, périlleux, douloureux, pleins de larmes et semble sans fin. C’est d’ailleurs ce qui explique que très souvent, que nous préférons éviter de le parcourir. Je dirais même qu’à première vu celui qui commence ce chemin pourrait n’y voir que les avantages qu’il aurait à se soustraire à cette épreuve. Vu de l’extérieur il serait tout à fait légitime de poser la question de savoir pourquoi quelqu’un ferait des efforts pour avoir autant d’inconvénients. Le mental tourne à ce moment là à plein régime.
La perfidie ici est que nous demandons souvent le pardon des autres et celui de Dieu et nous évitons soigneusement de nous demander pardon à nous même pour les raisons citées ci-dessus. La peine qui nous a fermée fut si grande que nous choisissons souvent de ne point rouvrir les tonneaux de douleurs qu’elles occasionnèrent à l’époque. En conséquence, bien que nous ayons demandés le pardon de Dieu et des autres, nous continuons de nous sentir très mal. Notre peur d’aller vers nous même, nous piège et nous condamne à être les seuls à souffrir du manque de pardon pour les gestes que nous avons posés. Les autres nous ont peut-être déjà pardonné, Dieu nous a peut-être déjà pardonné mais nous manquons de pardon pour nous même.
Nous croyons nous détourner des problèmes en évitant de nous regarder or nous les prolongeons et les accumulons. Nous accomplissons les rites de pardon extérieurs avec la plus grande volonté du monde or c’est à l’intérieur que celui-ci commence. Sans au préalable s’être pardonné à l’intérieur, le pardon extérieur n’apporte hélas que bien peu d’apaisement. Le pardon qui est un geste d’amour très élevé entre êtres humains devient lorsqu’on ne s’est préoccupé que de son aspect extérieur très pernicieux. En effet bien que nous ressentons quelques bienfaits du pardon que les victimes et même Dieu nous ont accordés, nous n’en demeurons pas moins dans la souffrance car nous ne savons pas nous pardonner.
C’est dans ces moments que parfois nous sommes perdus. Nous ne savons plus où donner de la tête car malgré les efforts accomplis, nous ne comprenons pas pourquoi nous continuons de souffrir. Cette peine n’est que la résultante des efforts toujours plus grands que nous faisons pour les autres et sommes incapables de les faire pour nous. Nous utilisons notre temps à faire en sorte que les autres soient biens au lieu de nous regarder et nous pardonner. Le premier pardon que nous devons faire est vis à vis de nous même. Je dirais même qu’il s’agit d’une belle façon de se mentir que de croire que nous serons en mesure de pardonner aux autres si auparavant, nous ne nous sommes pas pardonnés. Ou encore que nous pouvons recevoir le pardon si nous ne nous sommes pas pardonnés au départ. Le pardon est l’un des plus grands gestes d’amour que l’on puisse se faire à soi-même. C’est donc par nous même qu’il faut commencer avant d’aller chez les autres.
Xam Nosnaroc a dit,
mars 31, 2012 à 4:51
JE pardonne à ton Moi. JE pardonne à mon Moi.
crazyreal a dit,
avril 1, 2012 à 12:14
portez vous bien,