La vie facile et simple
La vie facile et simple
Facile, simple. En voilà des mots chargés de lourdeurs et de préjugés. Qu’entendons-nous derrière ces mots? En premier lieu, nous avons ce que nous disions quand nous étions enfants: “c’est trop facile” ou encore “même pas difficile”. Nous avons probablement entendu une phrase comme celle-ci ou lui ressemblant de la part d’un adulte : « c’est trop simple. Tu n’as aucun mérite à l’avoir fait »
En grandissant, notre entourage nous a mis en garde contre la facilité. Eh oui! La fameuse facilité. L’argent facile. Donc l’argent sale, l’argent de la drogue, l’argent de la souffrance. L’argent acquis sans peine était presque de l’argent volé.
Ensuite, il nous a été dit que nous ne connaîtrons réellement la valeur des choses que si nous souffrons pour les obtenir ou que si nous avons de la peine pour les acquérir. C’était la seule solution que dis-je la garantie unique pour apprécier la vraie valeur des choses. Cela nous gardait du risque de tomber dans la facilité et la simplicité. Le vrai héros d’ailleurs est celui qui raconte la difficulté qu’il a eu pour avoir ce qu’il a. Il raconte le nombre d’heures de travail qu’il effectue. Il raconte les moments au travers lesquels il est passé. Moment où il n’avait pas suffisamment à manger. C’est d’ailleurs là qu’il est apprécié et aimé. Si par malheur pour lui, les choses lui sont arrivées facilement, simplement et rapidement, il est foutu. Personne ne le comprendra. Bien au contraire. On dira selon la fameuse expression : « il a le cul bordé de nouilles ». Cela sera d’ailleurs dit avec un petit peu de mépris et de dédain.
Non! Le vrai héros tel que nos institutions et nos parents nous ont appris à acclamer doit être celui qui de deux chemins, le facile et le difficile, choisira celui qui est facile. Après moult difficultés, il arrivera à ces fins et il obtiendra la vraie valeur des choses. Il sait que $1 est $1. Il ne le gaspillera pas car lui a acquis la valeur de l’argent. Ce n’est qu’avec lui que nous avons été autorisés à nous identifier. Or chaque fois que nous essayons, nous nous rendons compte que c’est bien difficile mais nous continuons néanmoins dans cette voie.
Si mes souvenirs sont bons, je crois même que l’on disait que Dieu aime ceux qui souffrent. A partir de là, tout devait s’écouler sans problèmes.
Mais attendons un peu! C’est quand même grave que nous continuons de penser ainsi alors qu’autour de nous, nous voyons sans cesse des gens qui atteignent leurs rêves ou qui obtiennent de l’argent facilement et simplement et qui ne s’en portent pas plus mal d’ailleurs. Bien au contraire, ils sont heureux et ont l’air d’accroître leur bonheur tous les jours. Leur but étant de se faciliter la vie le plus possible et ils y arrivent et vivent très bien. Pendant ce temps, la majorité continue de croire qu’il faut que les choses soient difficiles pour qu’ils puissent acquérir ce qu’ils veulent. Je crois que cela est appelé le cynisme ou l’hypocrisie.
Même à ce niveau, la majorité se fait avoir. En effet pour la majorité, cela est appelé ainsi car la propagande essaye de nous faire croire que la minorité qui croit en la vie facile devrait croire aux valeurs de la vie difficile or c’est faux. C’est exactement le contraire. La majorité devrait croire en la vie facile mais au-lieu de cela, afin de nous garder dans la pénombre, les idées qui nous entourent continuent de nous pousser dans le sens d’une croyance en la vie difficile faite de labeurs qui nous usent complètement et de peines sans fin.
Bien que le système porte une responsabilité dans ce que nous pensons, il n’en demeure pas moins que nous sommes responsables de ce qui nous arrive. Comment pouvons-nous voir quotidiennement des gens réussir dans la facilité et continuer de garder nos croyances en la vie faite de durs labeurs? Si nous fonctionnions autrement, nous aurions essayé de comprendre ce que ces gens font pour que leur vie soit à ce point facile. Mais au-lieu de faire cela, nous les jugeons, nous les envions, nous les jalousons et nous ne nous posons pas la seule question que nous devrions nous poser qui est: qu’est-ce qu’il y a en moi qui fait que je n’ai pas la vie facile? Qu’est ce que je fais qui me mène constamment vers la vie difficile? Mais très souvent, nous avons peur d’arriver à cette question car elle exigera que nous remettions en cause non seulement ce que nous sommes mais également l’enseignement de ceux qui nous ont aimés.
Nous préférons donc nous protéger contre cette question par peur de nous détruire. Or cette destruction est nécessaire pour que nous tombions dans la facilité. La peur de nous tuer et de tuer ceux qui nous aimés et inculqués ce que nous pensons est si grande que nous n’envisageons même pas d’essayer de comprendre. Bien au contraire, nous faisons tout pour nous prémunir contre ce qui pourrait nous conduire vers une compréhension de la facilité.
Bien qu’il soit vrai que tous les chemins mènent à Rome, il y a des chemins plus faciles que d’autres. Donc prendre un chemin difficile pour y arriver alors qu’il y a un chemin facile tout autant valable ne peut résulter que d’un fonctionnement qui dérive de l’amour de la difficulté.
La question devient donc, pourquoi aime-t-on la difficulté alors qu’il existe la facilité? Pourquoi préférons-nous la torture à la facilité? Qu’est ce qui nous attire dans cette difficulté alors qu’elle est toute destinée à nous faire mal? Pourquoi voulons-nous nous infliger un mal alors que nous pouvons nous faire du bien? Quel plaisir avons-nous à nous faire du mal? Quelle jouissance prenons-nous dans le mal que nous nous infligeons?
Nous pourrions penser que l’amour de nous même nous inviterait à nous aimer tendrement. C’est à dire que nous ferions en sorte de ne pas souffrir. Nous ferions tout pour nous simplifier les choses. Nous irions vers les chemins faciles plus tôt que les chemins difficiles. Mais force est de constater que ce n’est pas ce que nous faisons. Nous allons plus tôt vers ce que j’appellerais une auto-flagellation et nous considérons cela comme un bienfait.
S’il y a probablement des bénéfices à s’infliger de la peine, force est de constater que cela ne peut résulter que d’une méconnaissance de ce qui est bon pour nous. Tout sur cette terre tend à faciliter et à se simplifier la vie. L’être humain semble être le seul à se la compliquer pour des bénéfices qui ne sont ni évident à première vue ni même à quelconque autre vue. Comment peut-on dire que l’on s’aime alors que nous faisons tout en permanence pour nous mettre dans des situations de souffrances?
Il semble que l’être humain ne sache pas distinguer ce qui est bon de qui l’est moins pour lui car il ne se connaît pas. S’il avait une parfaite connaissance de qui il est, il serait en mesure de savoir ce qui est bon pour lui ou pas. Or n’ayant pas fait le travail de connaissance de soi, il va tomber dans des schémas préétablis par le système voulant consciemment ou inconsciemment le maintenir dans l’obscurité par rapport à ce qu’il est.
La vie facile et simple existe donc. Elle est accessible à tous. Nous y avons tous droit. Pour y accéder, nous ne ferons pas l’économie d’une connaissance de soi. Seul l’apprentissage de ce que nous sommes nous permet de nous aimer entièrement, complètement et totalement. Une fois ce travail accompli ou devrais-je dire à mesure que nous effectuons celui-ci, nous irons plus librement vers la facilité et la simplification de notre vie. Plus nous avancerons dans cet apprentissage de ce que nous sommes, plus ce processus s’accélèrera.
Tant que nous ne nous connaissons pas, nous aurons peur de la facilité. Cette peur n’est que la preuve que nous sommes attirés par la facilité. C’est le mouvement naturel vers lequel nous sommes amenés bien que nous résistons de toutes nos forces. La vie fait tout pour nous y conduire. Elle nous met, nous nous mettons dans des situations impossibles afin que nous comprenions que c’est la vie facile que nous recherchons et voulons.
Cependant nous n’y allons pas car nous savons au fond de nous même que cet apprentissage est un travail de longue haleine. Il nous faudra tout donner, être vrai avec nous même afin de devenir des adultes qui prennent leurs responsabilités sur terre. Mais au-lieu de s’engager sur cette voie, nous allons généralement vers ce qui nous maintient dans l’ignorance car nous ne voulons pas prendre nos responsabilités sur cette terre.
Nous préférons faire semblant de ne pas savoir ce que nous sommes venus faire sur cette terre car cela nous permet de rester dans un état d’infantilisation permanente. C’est notre système de défense pour ne pas prendre nos responsabilités sur cette terre et vis-à-vis de cette terre.
C’est ainsi que nous tombons dans l’illusion de la facilité qui n’est basée que sur le mensonge, dans la facilité qui trompent l’œil. Celle que nous avons raison de craindre. Celle effectivement contre laquelle nous devons nous prémunir car celle-ci est fausse et n’est que souffrance. En effet cette facilité là n’apaise pas celui qui l’a détient et parfois elle condamne les autres à la difficulté. Je ne dis pas que c’est tout le temps ainsi mais c’est parfois ainsi.
Quant à la majorité qui observe cette fausse facilité, ils croient se défendre contre celle-ci en se maintenant dans leur situation ou en se dirigeant vers des voies difficiles qui les font souffrir. Or en agissant ainsi, tout ce qu’ils font c’est de se protéger contre la véritable facilité. Celle qui les dirigerait hors de l’illusion qu’ils craignent. Sans le savoir, ils maintiennent l’illusion de la facilité, celle qui est basée sur le mensonge.
Par leur croyance en la difficulté de la vie, ils sont ceux qui soutiennent le plus le système. Ils sont responsables de la situation dans laquelle non seulement ils sont mais où nous sommes.
Leurs peurs vis à vis de la fausse facilité dont ils voient les travers tous les jours les empêchent de s’affranchir des lourdeurs qui ont été déposées sur les termes facile et simple. Ils croient avoir trouvés une solution en les rejetant et en choisissant la difficulté et en la glorifiant mais ils ne se rendent pas compte qu’ils les alourdissent encore plus qu’avant.
En s’éloignant de ces mots, ils ne peuvent recevoir la lumière et l’espoir qui se cachent derrière ceux-ci. En se distançant, ils s’enferment un peu plus dans l’ignorance de ce qu’ils sont et du mouvement naturel vers lequel ils aspirent tous.
Leurs peurs d’eux mêmes ainsi que leurs peurs du monde les conduits à obscurcir les mots facile et simple qui sont en réalité des mots chargés d’espoir. Ils nous invitent à aller à notre rencontre afin de nous aimer pour enfin avoir la vie facile et simple.

dad a dit,
juin 3, 2010 à 11:22
Entièrement d’accord, très bonne vision des choses…
crazyreal a dit,
juin 3, 2010 à 12:35
merci d’être passé par ici.