mai 2, 2010
Au delà des apparences
Au delà des apparences
Les apparences sont comme l’expression le dit souvent “trompeuses” et il faut une bonne dose de retenue pour ne pas succomber à ce qui est devenu notre routine quotidienne. Arrivé devant une affiche, un être humain, un visage, une maison, une façon de marcher, un regard, etc et tout de suite, émerge en nous une idée de cette personne ou cette chose. Pour ceux qui sont les plus courageux, nous allons au devant de cette chose ou cette personne pour mieux la cerner pour nous en défendre le cas échéant ou en profiter. Voilà ou nous en sommes.
Lorsque nous voyons que nous n’avons rien à craindre, nous commençons à nous lâcher sur ses défauts et qualités et nous le faisons en souriant, en prônant notre humour salé. Lorsque la personne réagit, nous nous érigeons en juges et nous lui rappelons qu’elle n’a pas d’humour, qu’elle est incapable de prendre une plaisanterie, incapable de soutenir la critique en souriant, incapable d’être en société car les gens civilisés savent eux prendre la critique. Ah, qu’il est bon d’être nous, qu’il est bon d’être criminel et juge à la fois.
Celui qui se fait attaquer n’a pas d’autres choix que de se conformer et de rentrer dans le cynisme général ou de réagir violement et de se faire pointer du doigt. Il faut une éducation solide afin de résister à tous ces tourments qu’entre êtres humains nous entretenons. Même lorsque nous décidons de ne pas réagir, les tentations sont telles que si nous ne le faisons pas devant eux, nous n’en pensons pas moins.
Les apparences nous minent, nous retardent et nous empêchent d’avancer là où nous devons aller car nous ne savons pas aller au-delà notre propre apparence. Nous définissons ce que nous sommes trop souvent à partir de l’image que nous réussissons à projeter. Inéluctablement, nous ne pouvons que voir l’autre à partir ce qu’ils projettent de lui. Ne connaissant pas les moyens de regarder au-delà de notre propre apparence, nous ne pouvons aller au-delà de celle des autres.
Ignorant ce que nous sommes, nous ne pouvons connaître l’autre donc nous regardons ce que nous sommes habitués à voir et soit disant connaître, c’est à dire l’apparence. Nous n’avons aucune chance d’arriver à l’autre car nous ne sommes jamais parvenus à ce que nous étions. Nous nous accrochons aux apparences car sans celles-ci nous sommes perdus. Nous ne savons pas regarder les gens autrement que par ce prisme. Tout est d’ailleurs fait pour qu’il en soit ainsi et il faut une connaissance parfaite de soi si tenté que cela soit possible afin de regarder l’autre sans les lunettes que la propagande nous fait porter.
Le moyen de quitter les apparences est d’aller au delà de ce que nous apparaissons être. Tant que nous sommes bloqués dans ce que nous projetons comme image, nous ne pourrons nous intéresser qu’à l’image de l’autre. De toutes les façons quoi que nous fassions, nous projetons une image. Nous pouvons la transformer à loisir selon les besoins que nous avons et en jouer comme bon nous semble. Cependant tant que nous ne nous définissons pas par cette image ou tant que nous savons ce que nous sommes et ne nous laissons pas emporter par cette image ou contrôler par celle-ci, nous sommes encore sur la bonne voie je pense.
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