mars 27, 2010
Devenir adulte
Devenir Adulte
En cette fin de mars ou la température est plus incertaine, c’est l’occasion de voir la nature à l’œuvre. Nous sommes passés au cours de ces deux dernières semaines du chaud au froid, de la pluie à la neige, des couleurs grisâtres du ciel à un grand soleil, du temps venteux au temps le plus doux qui soit et tout cela en l’espace de deux semaines. Celui qui prenait pour acquis que le temps resterait stable s’est probablement fait avoir plusieurs fois. Toutes ces variations ont eu lieu et elles sont passées. Il n’aurait servi à rien de s’y accrocher. Comme l’eau de la rivière ne cesse de couler, le temps ne cesse de suivre son chemin.
Et nous pendant ce temps là, que faisons-nous? Nous nous accrochons et essayons de stabiliser les choses quand malheureusement, il ne sert à rien de s’y maintenir. En effet si nous le faisons, ce sont ces choses qui nous quitteront, nous rappelant ainsi que nous avons commis la plus grande erreur qui soit: celle de vouloir garder en nous ou avec nous quelqu’un ou un sentiment qui est de toutes les façons éphémères. Ceci ne veut en aucun cas dire que nous ne devons pas nous entourer d’amis ou d’amour ou de choses ou quoi que ce soit mais peut devrons-nous voir que tout cela bien que ce soit très important, n’est qu’éphémère.
Alors vous me direz sur quoi faut-il compter? Eh bien! Je ne vois rien d’autres que nous-mêmes. Le nous-mêmes ici, fait référence au « soi ». Il ne s’agit pas du rejet de l’autre ou de l’isolement, ou du mépris de l’autre ou du repli sur soi car nous avons été déçu par l’autre mais d’un réel rapprochement de soi sur lequel nous sommes en permanence. Le soi n’est pas ici une défense ou une protection mais une reconnaissance de notre valeur et de ce qui fait ce que nous sommes. Ne pas se mettre dans l’illusion que l’autre nous définit plus que nous ne le faisons nous-mêmes.
L’erreur est de penser que parce que quelqu’un est avec nous depuis quarante ans que c’est gagner. Ceci peut paraître assez pessimiste mais il n’y a rien de pessimiste dans cette constatation. Bien au contraire c’est non seulement du réalisme mais d’un optimisme sans précédent.
Savoir que nous sommes la ressource sur laquelle nous dépendons en tout temps est une grande note d’espoir. Le tout résidant dans notre capacité à nous connaître. Afin de nous reposer sur quelque chose, il nous faut savoir de quoi il s’agit. Donc un apprentissage profond et sérieux de ce que nous sommes est à faire pour que nous puissions nous déposer sur nous. Connaître la machine qui nous abrite, être courant de ce qui se cache dans le visible et l’invisible, prendre le temps d’aller à notre rencontre sans gène, ni honte en ayant juste le souci de savoir ce qui s’y cache et s’y passe. Voilà ce qu’il faut que nous parvenions à faire.
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